Pashupatinath

Publié le par CincoTierras

Puisqu'après moultes discussions et hésitations, nous avons décidé de ne pas aller à Pokhara pour y faire de trek mais de nous concentrer sur la vallée de Kathmandou, nous allons visiter les sites à l'aise, sans devoir nous lever aux aurores, profitant de petit déjeuner en plein soleil, à siroter un jus d'orange frais (au goût de mandarines) et manger une crêpe maison. Au programme d'aujourd'hui Pashupatinath, un centre de pélerinage baigné par la rivière Bagmati. Ce centre hindou se compose de divers temples dont le principal, le Golden Temple est réservé aux Hindous. Nous pouvons néanmoins déambuler dans les cours et jardins avoisinants et apercevoir via la porte superbement décorée d'images religieuses colorées (principalement Shiva qu'on découvre ici sous divers avatars = euh ps Avatar n'est pas qu'un film, c'est avant tout une incarnation d'un Dieu dans l'Hindouisme), une gigantesque statue dorée de Nandi = le taureau, véhicule du Dieu Shiva (comme la Musaraigne de Ganesh qui fut évoquée précédemment). Au sommet du site, une forêt où ils font bon déambuler. Le calme est salavateur après les bruits des véhicules et surtout leurs klaxons du centre de Kathmandu. Dans la cour d'un autre temple où il est étonnant de voir que vie quotidienne (linge qui sèche par exemple) et vie religieuse sont très proches, on reçoit en cadeau des chants religieux accompagnés d'un étrange instrument de musique, qu'on pourrait décrire comme un accordéon mais aux sons doux et envoûtants. La forêt comporte un dédale de temples où gaiement s'amusent des ribambelles de singes. On est mêlés entre un sentiment de peur – ils peuvent être agressif ces primates chapardeurs mais aussi tellement craquant, surtout les petits quand pataudement ils essayent de descendre de l'enceinte d'un temple ou joue à cache cache entre les cloches et lingams.. Sur les flancs de cette forêt, on croise nos premiers Saddhus. Ces individus sont un vrai phénomène, couverts de cendre et avec divers traits de couleurs sur le visage, ils vivent en marge de la société. D'une main ils portent un bâton surmonté du trident de Shiva et dans l'autre une sébile (sorte de bol/petit seau à aumônes). Par contre ici, c'est surtout de l'aumône, si on peut oser le mot, des touristes qui les prennent en photos après leur 'bénédiction'. Même s'ils sont sans aucun doute très photogéniques, nous ne rentrons pas dans ce petit jeu; heureusement quelques autres Saddhus ne jouent pas trop la 'religion du tourisme' et préfèrent ne pas s'éloigner de leur philosophie de base. Mais Pashupatinath, c'est bien plus que temples, singes, Saddhus et rpemières vues sur les lointaines cimes enneigées de l'Himalaya. C'est avant tout, un lieu de crémation, au bord de la rivière Bagmati. Cette dernière se jetant dans les eaux du sacré fleuve qu'est le Gange en Inde, elle a autant de valeur que le Gange à Bénares/Varanasi en Inde. De l'autre rive, nous observons les Gahts et leurs bûchers de crémation. Nous prenons le temps d'essayer de comprendre au-delà des explications fournies dans les guides, toute la symbolique des crémations. Le bûcher est préparer selon des règles précises, le cadavre subit quant à lui toute une série de rituel avec de la poudre pour tikka (poudre utilisée aussi pour le 3ème oeil), des linges de couleurs oranges et blanches – le blanc étant la couleur du deuil, de l'eau de la rivière pour purifier les pieds et dont la bouche est remplie. C'est impressionnant mais aussi très prenant de voir les différences culturelles. La mort est ici synonyme de joie, pas de tristesse pas de pleurs car les Hindous croient en la réincarnation. Vient alors le moment de monter le corps, porté par ce que nous pensons être des membres de la famille, de lui faire faire des tours au-dessus du bûchers, de l'y installer, quelques tours supplémentaires sont faits par la famille autour du bûcher avec en main, la torche faites de branches. Selon les traditions, c'est le fils aîné qui met le feu pour son père, le fils cadet pour la mère. Parfois, les fils sont torse nu, crâne rasé, mais tous font ce cérémonial pieds nus. La proximité de la mort fut à certains moments, principalement quand à la fin, nous nous sommes retrouvés à moins de 10 mètres d'un corps, au visage découvert, prêt à la crémation. Cela pourrait paraître un peu 'cru' de raconter de la sorte, un rite funéraire, mais l'importance des religions est tel que, assister à des crémations fait partie intégrante de la compréhension de ces religions.
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