Cinco Tierras: cinq terres d'Amérique Latine: de la ligne imaginaire de l'Equateur
jusqu'à la Terre de Feu.
Durant les mois à venir, vous pourrez suivre les préparatifs de notre voyage.
Dès septembre 2007 et jusqu'en février 2008, place aux choses sérieuses: ce blog vous relatera nos aventures en Equateur, Pérou,
Bolivie, Chili et Argentine.
Mercredi 05/09/07
Après 25h de voyage dont 2h30 de file d'attente devant les bureaux de l'immigration a Miami, nous sommes finalement bien arrivés à Quito en Equateur mercredi soir.
Jeudi 06/09/07
Lever aux aurores - décalage horaire oblige - pour nous rendre en Troley Bus (comme au bon vieux temps...) au terminal des bus. Nous partons vers Otavalo qui se trouve à 2h30 de bus au
nord de Quito. A peine arrivés, nous testons notre premier 'almuerzo': à comparer avec un 'lunch du jour', il est ici composé d'une soupe, d'un plat principal et d'un
jus de fruit frais, son prix varie entre 1 et 1,50 $. Depuis, nous en avons testé un chaque jour et nous nous régalons à chaque fois.
Pour résister à l'appel de la sieste, nous longeons une voie de chemin de fer désaffectée pour nous rendre à Peguche. L'activité principale du village est le tissage de la laine,
partout le bruit des metiers à tisser résonne. Peguche est avant tout connu pour sa cascade (lieu de pélerinage pour les indiens lors de fêtes traditionnelles) mais cette dernière ne
retiendra pas notre attention. Nous lui avons préféré le spectacle que nous ont offert des dizaines de colibris croisés au bord du chemin du retour. Dans le soleil de la fin
d'après-midi, leurs pelages bleu turquoise, vert et argent brillent de mille feux. Leurs battements d'ailes incessants leur permettent de faire du surplace et de rester en équilibre afin qu'ils
puissent insérer leurs longs becs dans les pistils des fleurs pour se nourir de leur nectar. Mais une photo veut mieux qu'un long discours.
Vendredi 07/09/07
Première grande balade au programme vers le Lago Cuicocha. Ce lac né a la suite d'une éruption du volcan Cotacachi doit son nom à la forme des 2 petites îles qui se trouvent en son
milieu. Elles ressemblent à des Cuy (prononcer "couilles"), c.à.d des cochons d'inde.
A une altitude variant de 3050 à 3450 mètres d'altitude, nous avons fièrement affrontés de nombreux dénivelés positifs et négatifs, 20 km avec des vues grandioses sur les cultures à flanc
de montagne, les volcans environnants et bien évidemment sur le lac. Fatiguant (selon Tristan, pire que les 20 km de Bruxelles - donc je suis prête à les faire en 2008 ;-) mais
magnifique trek.
Samedi 08/09/07
Otavalo est connu pour ses marchés: animaux, vêtements, fruits, légumes et souvenirs. Tous ces marchés sont haut en couleurs. Le plus typique est sans aucun doute celui des animaux ou
les Indiens de la Vallée vendent leurs vaches et cochons. Pauvres cochons !!! D'ailleurs certains ne se laissent pas faire, ils devinent ce qui les attend : ils crient, hurlent, refusent
d'avancer (on dirait qu'ils ont des freins aux pattes) pour éviter la casserole.
Dans les ruelles, on se laisse tenter par des fruits frais (bananes, mandarines, ananas) mais on résiste à la tentation des souvenirs - enfin presque, on ne va pas rajouter du poids à nos
sacs après seulement 2 jours de voyage.
Apres la rencontre avec les Indiens d'Otavalo, peuple fier en habit traditionnel, faisant l'objet de diverses études anthropologiques, nous rentrons sur Quito pour accueillir Valérie et
Pauline.
Plus de photos sur le lien "nos photos sur Flickr".
Quito, capitale de l´Equateur s´étale sur le plateau andin et s´agrippe aux flancs des montagnes sur de nombreux kilomètres. Située a 2850m d´altitude, elle est la seconde capitale la plus elevee
du monde (apres La Paz en Bolivie).
Seul le Quito colonial, inscrit au patrimoine de l´UNESCO se visite réellement. De notre visite, nous retiendrons quelques places où bat le coeur de la vie populaire, quelques façades de
bâtiments coloniaux et quelques églises.
Le nombre éleve d'églises dans le centre colonial de Quito témoigne d´une foi fervente passée et présente. Durant notre visite, un dimanche, nous avons pu constater que les églises étaient bondées;
les gens entrent et sortent à tout moment (même en vélo), papotent à haute voix; les enfants marchent à quatre pattes dans les allées et tous reprennent en choeur et en frappant des mains les
prières entonnées par le prêtre.
C´est plutôt la vie et l'animation d'un dimanche "sans voiture" que la ville elle-même qui nous ont marqués. En effet, tous les dimanches, le vieux centre devient piétonnier et les cyclistes
s´en donnent à coeur joie (petite pensée pour Marwan ;-).
Sur les hauteurs de la ville, nous avons découvert, un peu excentré, la Basilique néogothique. Jean-Paul II, lors de son passage, a tout comme nous du être amusé par les gargouilles aux
formes bizarres: elles sont inspirées des animaux qu´on trouve sur les îles Galapagos.
Dans l'enceinte de la Basilique, on a fait goûter le premier Almuerzo à Pauline et Valérie. Quelle surprise de recevoir comme boisson un verre de "pape" de tapioca colorée et parfumée à la rose:
tout simplement imbuvable! Mais cela n´a découragé personne pour nos futurs "almuerzos" et "meriendas" (idem que l´almuerzo mais servi en soirée).
Mitad del Mundo 10/09/2007 Par une belle journée ensoleillée, nous nous rendons en bus, troley et métro-bus au "Milieu du Monde", petit village situé sur la ligne imaginaire de
l'Equateur.
Au 18ème siècle, Monsieur De La Condamine et d'autres érudits français ont entrepris une mission géodésique durant laquelle ils ont mesuré un degré d'un arc de méridien terrestre et localisé la
ligne de l'Equateur qui coupe la terre en deux. Le site présente quelques pavillons sans grand intérêt (excepté le pavillon français qui conte l'expédition des savants français).
Par contre, à 300 mètres de la ligne calculée au 18ème siècle se trouve l'endroit exact de la latitude zéro calculée au GPS.
A cet endroit précis, un village indigène a été transformé en un musée en plein air: l'Inti Ñan (ce qui se traduit par "chemin du soleil"). Ici, exactement sur la ligne de l'Equateur, les
forces de Coriolis s'annulent: dans un évier, l'eau en se vidant s'écoule tout droit sans faire de tourbillons; à un mètre de là, dans l'hémisphère nord (comme en Belgique), l'eau s'écoule en
formant un tourbillon qui tourne dans le sens anti-horlogique et dans l'hémisphère sud, dans le sens des aiguilles d'une montre. Sans entrer dans les détails, ce phénomène peut être
expliqué par la rotation de la terre et les forces induitent par cette rotation. De plus, à l'Equateur, la distance entre le centre de la terre et sa surface est plus grande que partout
ailleurs, la gravité y est donc plus faible. Conséquence: on pèse moins lourd...
Exactement sur l'équateur
Dans l'hémisphère sud
Dans l'hémisphère nord
Notre Pauline nationale a réussi, aidée par l'annulation de ces fameuses forces de Coriolis, à faire tenir un oeuf sur une tête de clou. Ce qu'elle ne réussirait pas sous nos latitudes
européennes.
De retour à Quito en fin d'après-midi, nous avons pris la direction du sud pour Latacunga.
La route vers Latacunga 10/09/2007
Au coucher du soleil, la route nous a offert de somptueux paysages andins. Nous avons parcouru 90 km dans l'allée des volcans, entourée par des cultures en patchwork.
Le Cotopaxi, volcan culminant a 5897 m, nous est apparu soudainement, dévoilant son cône parfait au sommet fortement enneigé. La ville de Latacunga nous a servi de camp de base pour visiter
le marché de Saquisili et la Lagune de Quilotoa.
Quilotoa 11/09 & 12/09/2007
Le trajet vers la Lagune était à lui seul une découverte, nous nous sommes retrouvés dans un bus bondé avec des indiens rentrants du marché. Tous en habits locaux: ponchos colorés et chapeaux
plus ou moins comparables a des chapeaux melons. Les enfants, ici, ont les joues très rouges, résultat de l'air sec et froid et du vent à cette altitude avoisinant les 4000 metres. Les
passagers du bus et les paysages traversés nous ont émerveillés. En passant de 2500 a 4000 m, on découvre des champs de culture à pic: blé, maïs, quinoa,... Moutons et lamas...
Par ci, par la, des hameaux perdus au milieu de nulle part. La vie est rude, le climat est froid, les vents sont violents et pourtant il se dégage de ces paysages un sentiment de
plénitude.
Mais ce n'etait pas fini, après nous être installés dans nos cabanes au village, nous sommes partis voir la lagune, but initial de notre escapade de 2 jours. Du bord du cratère, on la
découvre en contre-bas, elle est d'un bleu-vert intense.
La Lagune est dans le cratère d'un ancien volcan, on peut y descendre jusqu'à "la plage". Le sol est sablonneux et volcanique, facile pour la descente, plus difficile pour la
remontée, surtout à cette altitude.
Le soir, un repas agréable nous attendait autour du feu que nous avons partagé avec d'autres routards.
Grâce au feu de bois et à 6 couvertures, nous n'avons pas eu froid durant la nuit, même si au dehors le vent soufflait et sifflait sans interruption.
Le lendemain, après une dernière petite promenade sur les hauteurs de la lagune suivie par un almuerzo, nous reprenons le bus pour Latacunga. Après 2h30 de trajet, nous retrouvons notre petit
hôtel et nos gros sacs à dos laissés sur place. Nous passerons la fin de l'après-midi à flâner dans le centre de Latacunga qui nous parait tout de suite plus agréable que le quartier ou
nous logions (près de la gare des bus).