Cinco Tierras: cinq terres d'Amérique Latine: de la ligne imaginaire de l'Equateur jusqu'à la Terre de Feu.

Durant les mois à venir, vous pourrez suivre les préparatifs de notre voyage.

Dès septembre 2007 et jusqu'en février 2008, place aux choses sérieuses: ce blog vous relatera nos aventures en Equateur, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine.


Tristan & Laurence

Pérou

Vendredi 17 août 2007
perou.jpg
Par Tristan & Lo
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Mercredi 3 octobre 2007
Equateur-Perou : frontiere - 30/09/2007

Lever au beau milieu de la nuit, à 3h15 et oui, ce n´est pas tous les jours "vacances"!
Avec quelques minutes de retard, un peu après 4 h, le bus quitte Puerto Lopez; malgré la musique à fond - style Adamo local - on arrive à somnoler un peu.  Plus tôt que prevu, à 7h30, le bus nous dépose au terminal de Guayaquil où nous avons rapidement notre correspondance pour la frontière.  

Le trajet de 5h30 fut assez pénible, le bus s´arrêtait toutes les 10 minutes et était bondé avec de nombreuses personnes debout dans le couloir.  A l´avant du bus où nous avions pris place, c´était encore pire car les gens n´aiment pas aller dans le fond du bus et restent agglutinés devant.  Laurence avait gracieusement offert quelques centimètres carrés de siège à une petite fille qui a failli lui vomir dessus, ensuite on lui a fourgué un bébé dans les bras et impossible de compter le nombre de fesses sur l´épaule ou le bras - heureusement qu´ils ne sont pas grands cela lui a évité d´avoir des fesses en pleine figure ;-)

Le passage des frontières s´est fait facilement et rapidement.


Tumbes et en route vers le sud - 30/09/2007 au 01/10/2007

A 30 minutes de la frontière, dans la première ville péruvienne, à Tumbes, nous faisons une pause pour la nuit.  Même si les guides de voyage nous mettent en garde contre l´insécurité et la laideur de la ville, on passera une agréable soirée.

L´hôtel, par contre, sera classé dans la catégorie "nul":  les draps ne sont pas de premiere fraîcheur et nous avons donc dormi dans nos sacs à viande - pour info, il ne s´agit pas de sacs du boucher mais bien d´un sac de couchage en tissu fin, le nôtre est en soie et pèse 115 grammes.  L´eau de la douche est froide mais on nous avait prévenu, c´est ainsi dans la majorité des hôtels de la ville car il y fait chaud.  Mais ils ne nous avaient pas prévenu qu´il n´y aurait qu´un filet d´eau le soir et pas d´eau le matin grrrrrrr ... tant pis, hop dans le bus sans passer par la case ´douche´. 

A nouveau une journée de bus au programme (01/10) pour rejoindre Chiclayo (8 heures).  Au début du voyage, tout comme la veille durant le trajet vers la frontière, des plantations de bananes, de canne à sucre et des rizières bordent la fameuse pan-américaine.  Les paysages verdoyants qui alternent avec les villages de pêcheurs en bordure du Pacifique laissent ensuite place au désert côtier.  Le bus est confortable, calme et le film n'est même pas nul, ô miracle! le temps passe vite.


Chiclayo -  01/10 au 03/10/2007

Chiclayo: une ville de taille moyenne (400.000 habitants), commerçante, avec beaucoup de trafic  mais pas désagréable.  Nous faisons halte ici non pas pour la ville mais pour ses environs.  En ville, le Mercado Modelo nous a étonné par sa grandeur et ses jus de fruits pressés frais devant vous (un jus = 2 verres = 0.25 € et même pas malade , enfin pour le moment).

Chiclayo


Diverses cultures pré-incas: les Mochés (1er - 8ème siècle après JC), les Sican (culture Lambayaque : 6ème - 11ème siècle apres JC) et ensuite les Chimus (àpd 11ème siècle) ont connu leur apogée dans la région.  Les vestiges sont nombreux.

A Tucume, récemment, un grand site perdu au milieu d'un désert de sable et de pierre a été découvert.  Peu de choses peuvent y être visitées, la majorité des pyramides sont en ruines comme si elles avaient fondu comme neige au soleil et les archéologues y travaillent encore.  N´ayant pas payé le ticket d´entrée, on n´est pas déçu... si vous voulez éviter de payer l´entrée, faites comme nous, perdez-vous, marchez sur des sentiers sablonneux et rentrez par l´arrière du site: efficace!!!  Le site a néanmoins dû être un lieu important vu la grandeur des pyramides, l'épaisseur et la hauteur des murailles en adobe (une brique de terre crue séchée au soleil et utilisée comme matériau de construction. Ces briques sont obtenues à partir d'un mélange d'argile, d'eau et éventuellement d'un liant utilisé en petite quantité: de la paille par exemple).

A Lambayeque, le musée des Tumbes Reales - tombes royales- est une vraie perle.  Pas à pas, la découverte de la tombe du Seigneur de Sipan est expliquée avec les photos des fouilles, des dessins, des textes bien ficellés et surtout les objets découverts.  Dans la tombe principale, celle du Seigneur, plus de 1.000 pieces furent mises à la lumière du jour, dont la majorité sont des parures, bijoux et objets en or et argent qui accompagnaient le Seigneur dans sa vie dans l´au-delà.

Musée Sícan

L´autre musée important est celui de Sipan à Ferreñafe.  On y trouve les découvertes de 2 autres tombes plus récentes mais l´approche de ce musée est différente, elle aborde des thèmes de la vie quotidienne du peuple de Sican: ressources, conséquence du courant El Niño, céramique, métallurgie, atelier d´orfèvrerie,...

Tout comme pour aller à Tucume et à Lambayeque, nous avons utilisé des taxis collectifs, des combis (camionnettes) et des motos-taxis - on suit les locaux et se renseigne auprès d´eux - facile et pas cher (de 0.12  € à 0.5 €,  de quelques kms à une vingtaine de kms).  Pour le moment, les péruviens nous donnent une bonne impression.

Cette après-midi, on glande un peu car on prend un bus de nuit  à 18h45 pour arriver tôt le lendemain matin à Chachapoyas, notre prochaine étape.  Nous reprenons le chemin des Andes!

Hasta luego amigos
Par Tristan
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Dimanche 14 octobre 2007

3/10 - 4/10  All night long

18h45, départ de notre premier et certainement pas dernier bus de nuit.  Nous quittons Chiclayo et par la même occasion la Côte nord du Pérou pour rejoindre à nouveau les Andes, plus précisément Chachapoyas sur le versant opposé des Andes, (par rapport a la côte) direction la Jungle.  La route pour s'y rendre emprunte le col le plus bas des Andes: 2.400 mètres.  Les avantages du bus de nuit sont d'une part que le temps passe plus vite et d'autre part qu'on ne se rend pas compte du mauvais état de la route .  Par contre, on ne voit évidemment pas les paysages et dans ce cas-ci, le désavantage majeur est que la compagnie que nous avons choisie (par hasard, sans faire notre "shopping") n'a pas de semi-cama (siège "semi-lit"), juste des sièges légèrement inclinables et donc peu de place pour les jambes, pas évident pour dormir.  Vers 3h45 du matin, arrêt au milieu des montagnes, la route est en travaux et des rochers bloquent le passage.  Il faudra attendre l'arrivée des ouvriers vers 6h du matin.  A 7h la voie est libre, nous arrivons une heure plus tard à destination avec 3 heures de retard.

Petite sieste matinale, pause internet et lunch avec menu à 3 soles / 0.75 €, pas mauvais mais toujours l'éternel soupe suivie de riz .  Pour finir l'après-midi, nous cherchons le meilleur moyen de découvrir la region.

Chachapoyas, capitale du département Amazonas (sous région Selva Alta = haute jungle), est une petite ville coloniale agréable situé à 2.300 mètres.  Jusqu'il y a 3 ou 4 ans, seuls quelques touristes s'y aventuraient chaque semaine (dans le Routard 2003-2004 il y a moins de 2 pages sur toute la region).  Aujourd'hui, anno 2007, une dizaine de touristes arrive quotidiennement.  La culture Chachapoyas (voir article sur les cultures pré-inca) fut assez importante et laissa de nombreux vestiges archéologiques parmi une nature vierge.

Comme à notre habitude, nous aurions préféré rayonner par nos propres moyens mais une des 2 routes principales pour découvrir les environs (celle sur laquelle nous avons éte bloqués en bus de nuit) est ouverte à la circulation uniquement de 4h à 6h et de 19h à 21h.  Ceci compromet nos plans.  Nous nous inscrivons donc à un trek de 4 jours qui combine des visites culturelles, de la rando et de l'équitation.

 
5/10-8/10 Chachapoyas-Leymebamba, trek de Gran Vilaya (4 jours)

Ouf nous avions juste sauvergardé la première partie du texte et ... coupure générale de courant dans le village mais rien de perdu!

JOUR 1
Départ tôt le matin afin de pouvoir passer avant la fermeture de la fameuse route, nous nous arrêtons pour le petit déjeuner dans le superbe petit village de Lamud.  Les maisons y sont de couleur beige, rose ou ocre avec des toits aux tuiles brun foncé et des montagnes verdoyantes à perte de vue; le calme du petit matin ne fait que rajouter du charme. 

De Lamud, quelques kilomètres de chemins poussiéreux nous conduisent aux sarcophages de Chanqui.  Il faudra la clé de la grille pour y entrer.  Ce coté "pas encore vraiment découvert" et sa situation difficile d'accès à flanc de montagnes sont impressionants.  Les Chachapoyas construisaient des plateformes consécutives pour atteindre les endroits parfaits où placer leurs sarcophages.  Afin de protéger leurs morts, ils détruisaient ensuite leurs chemins et une partie des plateformes au retour vers leurs villages.  L'autre hypothèse est qu'ils detruisirent tous les accès à l'arrivée des Incas.  La visite des sarcophages de Karijia est plus parlante: les sarcophages sont en parfait état, bien visibles, plus grands, colorés;  ils ont été construits en utilisant les mêmes techniques qu'à Chanqui.  Les corps des morts étaient vidés, ensuite remplis d'herbes, tissus et coton puis emballés dans des tissus et des paniers en bois pour être finalement transportés et placés dans les sarcophages.  Il s'agirait, surtout à Karijia, de personnages importants de l'époque mais il y a peu de réelles traces et témoignages de cette culture éloignée.  Pourtant toute la vallée regorge de sarcophages et d'autres sites, certains découverts partiellement, d'autres encore enfuis dans la nature.  Des archéologues y travaillent.

Sarcophages de Karijia

 


Nous traversons le dernier village et après 1h30 de route, nous arrivons à la Vallee Belen: Waouwww...

Vallée Bélen

Entre les collines, une vallée vert tendre ou un cours d'eau couleur argent sinue en faisant  de belles et grandes courbes et où des chevaux paissent tranquillement.  Le minibus décharge le materiel et la nourriture avant de reprendre le chemin du retour, un cheval prend alors le relais.  C'est dans cette Vallée, dans notre "Petite maison dans la prairie" que nous passons la nuit.  Le calme, la beauté du lieu, la solitude, le ciel étoilé: un moment de totale plénitude.  La nuit tombée, autour d'un feu de camp, nous goutons des liqueurs locales.  La nuit sera fraîche mais relativement confortable.

Vallée Bélen


JOUR 2
En suivant l'ancien chemin pré-inca, durant 6 heures de marche, dont 4 heures costaudes en descente, nous traversons entre Vallée  Belen et Cogon des vallées sauvages, croisons des colibiris, des pic-verts rouges, plein de papillons dont un immense bleu argenté, sans oublier diverses sortes d'orchidées.  

Sur la crête, pic-nic en pleine nature à côté de La Pirquilla: ancien village de maisons circulaires construites sur des bases qui seules restent visibles, le reste ayant été détruit.  Tout est enfui dans la forêt mais il est facile de s'imaginer ce que fut un jour, dans un passé lointain, ce village situé au milieu de nulle part.  Déja en Equateur, nous avions eu ce sentiment de "milieu de nulle part" mais avec le recul, il n'en était rien - ici par contre, c'est vraiment éloigne de tout.  

Le village de Cogon où nous avons dormi dans une maison familiale, n'est pas joignable par la route.  Sur le chemin vers ce village, nous avons rencontré quelques locaux à pied ou à cheval.  L'image du monsieur relativement agé que nous avons croise est marquante: parti vers 4h du matin, il allait atteindre sa destination vers 14h, apres 10 heures de marche, avec ses 2 mules chargées, l'une de poules, l'autre d'un cochon emmailloté et visiblement pas content.  

Vallée Bélen


Le logement est un peu moins sommaire que dans la cabane et nous avons même eu droit à une douche, même si elle était froide et plutôt publique... mais quel luxe après 2 jours.  Un balcon en bois longe tout l'arrière de la maison, on s'y installe, la vue sur les caféiers  est agréable.  On s'amuse à regarder les poules s'installer dès 17h30  sur les branches bancales de l'arbre sur lesquelles elles vont passer la nuit.  L'expression "se coucher avec les poules" est richement illustrée.

JOUR 3
Deux heures plus tard que prévu, une fois les chevaux perdus retrouvés, nous nous lançons pour une chevauchée de 6 heures sur des sentiers incas très pentus: de 1.700 m a 3.500 m. 

Chemin entre Cogon et Choctamal

On longe longtemps une rivière, la traversons à maintes reprises .  Cette region appelée Gran Vilaya offre de belles vues sur les pics où s'accrochent les nuages.  Les jambes se reposent de la veille mais la journée nous paraît encore plus éprouvante; et pour Tristan encore plus car il a fait tout le trajet à pied préférant faire confiance à ses jambes plutôt qu'à celles du cheval: compréhensible car le chemin est très difficile: dénivelés importants, énormes cailloux glissants, trous,... Nous sommes finalement tous arrivés sains et saufs,  enfin presque car Laurence a dû attraper une vilaine bactérie qui a trouvé refuge dans ses intestins.  

JOUR 4...au lit pour Laurence...visite de Kuelap pour Tristan

Forteresse de Kuelap

Forteresse perchée à 3.200 m, à 30 min de route de Choctamal, elle est le plus grand et plus beau vestige de la culture Chachapoyas.  Sa construction commença au 5ème siècle et sera en perpétuelle évolution jusqu'au 15ème siècle.  Il existait pour y accéder 2 entrées dont une en forme de " flamme", un couloir se rétrécit au fur et à mesure que l'on pénètre; au final il ne reste que suffisamment d'espace que pour laisser entrer une seule personne à la fois. On estime que le site accueillait jusqu'à 500 maisons qui sont toutes en pierre et de forme circulaire (comme partout dans la région) excepté les bâtiments rectangulaires construits ultérieurement par les Incas.  Une immense tour de garde et d'autres édifices à vocation funéraire et religieuse (temple où l'on sacrifiait les animaux) sont également présents dans l'enceinte de la forteresse.  Les recherches archéologiques sont toujours en cours.  Depuis la forteresse, on domine toutes les vallées environnantes; les paysages sont grandioses.

Un trek varié alliant visites culturelles et activités sportives dans une region préservée du tourisme de masse.


9/10-10/10-11/10 Leymebamba: repos merite ou force?

Nous changeons nos plans et décidons de rester 3 jours entiers à Leymebamba: pour Laurence, impossible de prendre le bus du mardi (le lendemain du trek, 9/10) et le bus suivant étant vendredi  (2 bus par semaine), ce sera repos forcé mais bienvenu de 3 jours.  Chose qui finalement ne nous a absolument pas dérangé.  

Au programme: beaucoup de repos, lavage integral du contenu de nos sacs à dos (la machine à laver de l'hotel est à notre disposition), mise à jour de notre blog, visite du musée (voir plus bas) et rando, une fois remis vers le site archéologique de La Congona.

Leymebamba est un miniscule village avec une belle place centrale (toujours appelée Plaza des Armas ici au Pérou), quelques restos et hostals - dont la notre qui est vraiment agréable.  La majorité du temps nous sommes les seuls touristes dans ce petit hôtel.  Il y a même internet dans ce bled paumé mais il faut être patient, il a fallu 3 heures 30  pour mettre 60 photos en ligne (oui oui 3 comme trois).  Le temps ne nous est pas compté...C'est d'ailleurs dans ces moments-ci que nous réalisons la chance de pouvoir faire des haltes si nécessaire, de se reposer, de prendre le temps de parler avec les gens,... comme lors de notre visite au musée.

Tristan était deja aller visiter le musée le dernier jour du trek pendant que j'étais malade mais nous y sommes retournés ensemble.  Le musée contient de nombreuses trouvailles provenant du site La Laguna de Los Condores (à 3 jours aller/retour de Leymebamba à pied - on préfère passer).  Environ 20 momies incas ont ete retrouvées dans les sarcophages des Chachapoyas.  Les autres découvertes sont majoritairement des céramiques, poteries, tissus, bijoux et des bouliers compteurs en fil où les noeuds servaient de compteur.  Nous avons appris les différentes sortes de momification et beaucoup de détails sur la riche culture des Chachapoyas.  

Musée de Leymebamba


Le dernier jour de notre séjour à Leymebamba, La Congona nous attend...20  kilomètres avec des beaux dénivelés... serons-nous à la hauteur?  Après avoir dévalisé les 3 boutiques de la place pour préparer notre pic-nic (sandwichs au thon et à l'avocat), on part a l'assaut.  La saison des pluies a déjà commencé mais partout le soleil est radieux.  Ca monte fort mais après 3h30, on y arrive enfin, aidés par les indications des paysans car le site est bien caché sur le haut  d'une montagne et en partie ensseveli dans la végétation luxuriante (la jungle n'est pas loin).   A peine arrivés, les forces de la nature se déchaînent: un orage à gauche, un à droite, nous prenons juste le temps d'avaler nos sandwichs et de faire quelques photos avant de rebrousser chemin.  Le retour, même s'il ne nous prendra que deux heures s'avèrera aussi difficile que l'aller, sous une pluie battante et sur un sol argileux bien glissant.   Fatigués mais heureux d'avoir relever ce defi, nous rejoignons nos pénates pour une dernière nuit.

Durant une semaine, la region Chachapoyas nous a enchanté.  Nous la laissons derrière nous, chaque chose en son temps.  Vendredi 12/10, un trajet aventureux en bus nous attend, direction Celendin et puis Cajamarca.

Par Tristan
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Mardi 16 octobre 2007

Un peu d’ordre dans toutes ces cultures pré-incas…

Tout comme nous avant notre passage dans le nord du Pérou, vous devez penser que le mot culture au Pérou est synonyme d’Inca. 

C’est peut-être bien vrai que durant leur court règne (+/- 100 ans, juste avant l’arrivée des Espagnols), ils ont laissé des vestiges incroyables tels le Macchu Picchu.  Néanmoins s’ils ont réussi à atteindre de tels sommets dans de nombreux domaines, c’est parce qu’ils ont utilisé le savoir des peuples pré-incas, tuant, pillant, détruisant beaucoup ou parfois tout sur leur passage.  Vrais guerriers, ils ont annexé quasiment tout le pays à partir du 15ème siècle.  Dans la majorité des cas, les peuples pré-incas ont facilement accepté la présence inca en négociant leur reddition sans trop de grande résistance. 

Cultures pré-inca

Selon les régions que nous traversons, nous découvrons au fur et à mesure les différentes cultures pré-incas: Moché, Chimu, Sican, Sipan (Côte nord et centrale), Chachapoyan (Sierra nord et Haute Jungle), Chavin et Cajamarca (Sierra centrale et nord), Tiwanaku et Wari (Lac Titicaca et Sierra Sud) ou encore Nazca et Paracas (Côte Sud).

Pour le moment, nous avons été impressionnés par les Tombeaux des Seigneurs de Sipan et Sican près de Chiclayo, par les Sarcophages, les maisons circulaires et la Forteresse de Kuelap de la culture Chachapoyan.

Les Chachapoyas n’ont, eux, rien voulu savoir de la présence inca et se sont battus pendant environ 50 ans, perdant ainsi la moitié de leur population.  Ils virent l’arrivée des Espagnols comme un cadeau et s’allièrent avec eux contre les Incas.  Une fois les Incas vaincus, les Conquistadores prirent quand même le pouvoir.  Quelques catastrophes naturelles (dont une longue période de sécheresse) et épidémies (maladies apportées d’Europe) plus tard, les Chachapoyas étaient en nombre plus que réduit.  Ceci est une des raisons pour laquelle peu de témoignages sont arrivés jusqu’à nos jours.  Ce qui en fait une région d’autant plus attrayante ???

Bientôt nous descendrons vers la Côte centrale et la Sierra Centrale, nous y découvrirons les cultures Chan Chan et Chavin.

Par Tristan
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Mardi 16 octobre 2007

Partout nous lisons, partout nous entendons des superlatifs négatifs concernant la route de Chachapoyas à Celendin. 

Nous décidons de tricher un peu et partons de Leymebamba.  Ceux partis de Chachapoyas partent à 4 h du mat’, nous montons a bord  vers 8 heures, déjà 4 heures de gagnées!

Le bus qui effectue le trajet 2 fois par semaine date de “avant la guerre”, mais est robuste et tient la route.  Parmi la trentaine de passagers, nous sommes 8 touristes.  On s’installe entre les sacs de victuailles jonchés dans l'allée centrale.  Le bus roule à une moyenne inférieure à 25 km/h!!! C’est donc douze heures et 30 minutes plus tard qu’il atteindra Celendin (pour nous juste 8h30 de trajet), à 230 km de Chachapoyas…

La route est en piteux état et encore, nous avons de la chance, la saison des pluies n’a pas encore réellement débuté.

La route est très etroite, parfois juste la largeur du bus et le chauffeur doit s’y reprendre à plusieurs fois pour amorcer un tournant.

La route est sinueuse car les déniveles sont grands: 2000 m – 3600 m – 800 m – 2600 m

La route est éprouvante car la température monte à 30 degrés dans le bus quand vers 13 h, nous sommes à 800 m, au bord du Rio Marañon, affluent du fleuve Amazone.

La route est belle car les paysages changent constamment. 

Mais pour finir, l’expérience fut bien moins pénible que nous aurions pu le croire.

Route entre Leymebamba & Celendin

Vers 17h, nous arrivons à Celendin et continuons de suite notre chemin.  Il reste un peu plus de 100 km mais le combi (camionnette) n’est pas du tout confortable, il fait vite nuit noire, le brouillard dans les montagnes est épais et le chauffeur est sympa comme une porte de prison (nous lui avons décerné la palme du chauffeur le moins sympa).  Ce trajet de 3h30 fut pire que celui de 8h30.

Arrivés à Cajamarca, nous n’étions pas encore au bout de nos peines.  Mi-octobre, la ville vit au rythme de la “Semaine touristique et culturelle”, les Collèges y viennent en voyage, les Péruviens dont une grande partie en congé scolaire prennent la ville d’assaut.  Les hôtels sont pleins, il faut chercher pour trouver.  Las, nous prenons une chambre pas à notre goût mais changerons le lendemain matin avant de découvrir la ville.

Par Tristan
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