Cinco Tierras: cinq terres d'Amérique Latine: de la ligne imaginaire de l'Equateur jusqu'à la Terre de Feu.

Durant les mois à venir, vous pourrez suivre les préparatifs de notre voyage.

Dès septembre 2007 et jusqu'en février 2008, place aux choses sérieuses: ce blog vous relatera nos aventures en Equateur, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine.


Tristan & Laurence

Bolivie

Vendredi 17 août 2007
bolivie.jpg
Par Tristan & Lo
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Mercredi 21 novembre 2007

Arrivée en Bolivie - Copacabana - Lac Titicaca 12/11-16/11/2007

Dimanche 11/11/2007, bus de nuit Cusco-Puno (lac Titicaca côté péruvien) puis Puno-Copacabana en Bolivie. Le côté "tourisme-arnaque" du sud du Pérou nous suivra jusqu'à la frontière.  Les horaires annoncés ne correspondent en rien à la réalité et nos places dans le bus jusqu'en Bolivie n'ont pas été réservées.  Avec beaucoup de perséverance et grâce à l'aide de 2 personnes bien sympas d'une compagnie de bus, nous obtenons gain de cause (dans ces moments-là, c'est plus que pratique de parler Espagnol).  Tous les touristes sont dans la même situation, il leur a été promis de partir à 6 heures mais le premier bus en direction de la frontière ne quitte qu'à 7h30!

Sur le lac Titicaca

Heureux que nous sommes d'arriver à Copacabana en Bolivie au bord du lac Titicaca.  La ville quoique petite et touristique nous plait.  Nous décidons d'y rester un jour de plus pour se reposer avant d'aller sur les îles du lac.

Copacabana doit son nom à la Vierge de Copacabana (Sainte Patronne de la Bolivie et de la Police) qui est ici vénérée.  Pour ceux que la question titille, il y a en effet une plage homonyme au Brésil.  Elle fut ainsi nommée suite à une promesse qu'un marin égaré au large des côtes brésiliennes avait fait la Vierge de Copacabana.

La ville est un sanctuaire, un lieu de pélerinage (le Lourdes bolivien).  Les Boliviens viennent ici pour brûler un ou des cierges dans l'énorme cathédrale, pour escalader le calvaire ou pour faire baptiser leur voiture avec fleurs, eau bénite et champagne.  Des éléments de la religion catholique cotoyent sans scrupules les croyances andines ou indigènes. 

Copacabana "Bondieuseries" à Copacabana

 

La Cathédrale symbolise l'importance religieuse de Copacabana, sa taille est démesurée par rapport à celle de la ville.  Belle exemple d'architecture baroque, ses coupoles sont recouvertes de faïences vertes et bleues.

Copacabana


Nous avons eu la chance d'assister à une veille de fête.  L'animation est remarquable, plein de petits stands improvisés où l'on vend cierges, bondieuseries, eau bénite, souvenirs, nourriture et alcool.  Fanfare locale, procession aux flambeaux et super feu d'artifice débutent la soirée, l'orchestre prend la relève.

Copacabana - Pop corn & co


Néanmoins nous ne sommes pas ici pour la prière mais pour le lac Titicaca.  Rien que son nom est déjà tout un programme.  Ce nom enfantin, si facile à distordre signifie "puma-lièvre" en aymara.  L'aymara et le quechua sont  les langues indiennes les plus usitées de la région.  Il s'agit d'un des plus grands lacs au monde (8000 km carré - 175 km de long) et le plus haut navigable au monde.  Il est situé à cheval sur le Pérou et la Bolivie, à 3800 m.  Tout autour des chaines de montagnes dont la Cordillière Royale avec ses sommets à plus de 6000 mètres. En son centre, de nombreuses îles, les plus connues sont Taquile et Amantani (Pérou) et Isla del Sol et de la Luna (Bolivie).  Nous avons opté pour une escapade sur l'Isla del Sol.

Isla del Sol


Un bateau (grosse barque) nous amène doucement mais sûrement vers le nord de l'île. 

En route vers Isla del Sol

A l'arrivée au hammeau, nous nous installons dans un petit hôtel, de la terrasse, nous avons vue sur la plage.  Notre choix de passer la nuit ici s'averera judicieux car le sud est moins joli et fort construit.  En attendant que les touristes venus pour la journée s'en aillent, on s'affale sur la plage.  Le temps est radieux mais le soleil traitre, avec pour résultat 2 coups de soleil catastrophiques sur les cuisses de Laurence.  Dommage que l'eau n'avait pas quelques degrés en plus pour faire trempette. 

Plus tard dans la journée, nous visiterons des ruines sur une presqu'île tout au nord.  Elles sont plantées dans un décor majestueux.  La lumière, le silence, l'étendue, les couleurs: c'est sublime. 

Isla del Sol Isla del Sol - Ruines incas Isla del Sol

 Le long du sentier, on fait connaissance avec des ânes, moutons et cochons.  Même si les communautés vivant ici profitent aujourd'hui du tourisme (droit de passage sur leur territoire payant à deux endroits), leur vie est surtout basée sur l'élevage et l'agriculture. 

 

Isla del Sol Isla del Sol - Moutons au bercail Isla del Sol

 

En fin de journée, le temps se couvre, pas de coucher ni de lever de soleil à photographier mais nous en avions vu un superbe sur les rives du lac à Copacabana.

 

Copacabana


Le lendemain, nous empruntons le sentier nord-sud par la côte est avec vue sur le lac, les villages de pêcheurs et la cordillière au loin.  2h30 plus tard, nous arrivons dans le sud qui nous décoit un peu.  Nous avons de la chance d'avoir un bateau plus tôt que prévu (13h au lieu de 16h) et rentrons donc directement sur Copacabana.  

Par Laurence et Tristan
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Mercredi 21 novembre 2007

La Paz 16/11-20/11/2007

Le trajet de Copacabana à La Paz se déroule sans encombre: bus confortable, prix riquiqui, horaire respecté et en plus le trajet est joli, avec vue quasi permanente sur le lac et les sommets enneigés.  A mi-chemin, le bus doit passer sur un bac et les passagers sur un bateau.  Il parait que les villageois au bord de ce détroit refusent la construction d'un pont.  On les comprend, ce serait une catastrophe pour l'économie locale.

L'arrivée à La Paz est surprenante.  On surplombe toute la ville qui est située comme dans une cuvette.  En haut, l'Alto, 4000 m, le quartier pauvre (plus de 500.000 habitants dans cette partie alors que toute la ville en compte +/- 1.400.000).  En bas, 3000 m, le quartier résidentiel et bourgeois.  Entre les 2, le centre ville, l'Eglise San Francisco, la Plaza Murillo, les anciens quartiers indiens et coloniaux.

On n'accroche pas vraiment avec La Paz.  Rien qu'au niveau logement, on n'arrive pas à se sentir bien, on changera d'ailleurs 3 fois d'hôtel.

Le centre ville est un grand marché à ciel ouvert.  Chaque quartier a sa spécialité: quincaillerie (papa Auguste tu aurais été tout fou devant les vis et clous ;-) , habits (dont les fameuses jupes à volants), électricité, poissons, fruits et légumes, laine, produits de beauté, fleurs, confettis,...

La Paz - Feuilles de coca La Paz

 

Entre ces quartiers, quelques rues intéressantes dont la fameuse Rue Sagarnaga (la rue des boutiques à souvenirs) et la Rue du Marché aux Sorcières avec ses diseuses de bonne aventure et les échoppes avec des foetus de lama, carapaces de Tatou ou tortues.  Pas de coup de coeur, on a presque rien acheté.

La Paz - foetus de lama


L'ambiance de la ville a quelque chose de bizarre.  Un drôle de mélange entre les gens en costume-cravate pressés d'arriver au bureau et les mamas (appelées ici les Cholitas) avec leur jupon et chapeau melon assises à même le trottoir pour vendre quelques bananes ou avocats.  

On essaye d'apprivoiser la ville sans réel succès.  Par contre nous avons aimé ses environs.
Au sud de la ville, en excursion d'une demi-journée, nous découvrons la Valle de la Luna.  Le parc permet de voir de près les roches érodées par l'eau.  Pics rocheux, stalagmites, pitons de fées,...peu importe le nom qu'on leur donne...C'est une balade sympa hors du bruit, de l'agitation, la pollution du centre.

 

Vallée de la Lune


Il en sera de même pour la journée à Tiwanaku.  A 1h30-2h de la ville selon le traffic, près des rives du lac, les ruines de Tiwanaku datent de l'époque pré-inca.  Pour s'y rendre, on traverse l'Altiplano dans toute sa grandeur (plateau à 4.000 m à la végétation de pampa désertique).  Le village en lui-même est aussi sympa et en ce jour de marché, les mamas ont sorti leur plus bel ornement.

Tiwanaku Tiwanaku Tiwanaku


Quelques statues, finement gravées, doivent avoir des cousins polynésiens ou des liens de parenté avec l'île de Pâques.  

Site de Tiwanaku


La Porte du Soleil, également avec des figures diverses gravées dans la pierre, est la seule et unique source d'inspiration d'Hergé pour Tintin et le Temple du Soleil.  Il aurait pu pourtant aussi être inspiré par les têtes ornant les murs du temple souterrain.

Site de Tiwanaku Site de Tiwanaku Site de Tiwanaku

 

Petit changement de programme pour notre dernier jour en ville.  Nous voulions visiter les 4 musées jumelés mais ils étaient fermés pour  cause de grève...tiens donc!?!  Deux grèves en 8 jours, c'est pas mal (une des transports qui ne nous a pas affecté car nous étions sur l'île et celle-ci des musées) mais ce n'est pas fini.  Les producteurs de Coca en colère sont en marche vers La Paz, un mouvement de mobilisation est prévu le 26/11 et ça chauffe à Sucre...affaire à suivre.

A la place de la visite des musées d'art et d'histoire, nous sommes allés voir celui des Instruments de Musique: charango (petite guitare), flutes sous toutes leurs formes possibles et inimaginable et d'autres instruments dont certains sont des inventions diaboliques.

 La Paz - Musée des instruments de musique La Paz - Musée des instruments de musique La Paz - Musée des instruments de musique


Finalement nous passons 4 bonnes journées ici et nous nous dirigeons demain mercredi 21/11 vers Coroico dans les Yungas vers un peu de chaleur (ici à La Paz nous avons droit à des averses quotidiennes).

Par Laurence et Tristan
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Samedi 24 novembre 2007
Coroico 21/11-22/11/2007

Cocorico pour cette petite ville à 100 km de La Paz et pourtant, à notre arrivée, ce fut la douche froide.

Nous sommes ici pour faire une petite pause sous la chaleur de la vallée et en descendant du bus...il pleut et il pleuvra toute l'après-midi.  Re-douche froide pour les hôtels qui sont soit pourris soit excessivement chers, encore plus chers qu'à La Paz.  Mais comme toujours, on finit par en trouver un qui nous convient.

Comme déjà mentionné, Coroico n'est qu'à 100 km de La Paz mais pour s'y rendre, il faut 3 heures en raison des forts dénivelés.  On part de La Paz entre 3.500 m et 4.000 m, on monte au col de La Cumbre à 4.500 m, on redescend vers Yolosa à 1.100m pour remonter ensuite jusqu'à Coroico à 1.700 m.  Nous avons de la chance d'être en 2007 car il y a une nouvelle route, avec des tunnels, ponts et asphaltée sur la majeure partie du trajet.  Malgré tout certains endroits ne sont pas asphatlés car ils sont géologiquement instables; une route en asphalte ne servirait donc à rien.  Même sur les bords de la route, malgré les blogs en beton et les ferrailles pour les tenir, on peut voir les dégâts causés par l'érosion, mouvements de terrain et légers tremblements de terre. A l'aller, notre chauffeur voulant faire le malin a pris un petit sentier pour éviter une de ces zones non-asphaltées et nous nous sommes embourbés.  Après quelques essais de re-démarrage, nous sommes repartis en poussant.  Tous ceux qui ont pris l'ancienne route en parlent comme la pire route, avec des dénivelés de plus de 1000 mètres, avec des ravins à gauche et à droite, avec juste assez de place pour laisser passer une voiture et un traffic infernal de camions et bus.   Il y aurait des croix tous les 500 mètres...Cette route a reçu le surnom de route de la mort suite au nombre important de décès mensuels.  Mais aujourd'hui, c'est du passé.  La route est tout à fait "normale".  L'ancienne route est utilisée à des fins touristiques... C'est à la mode de descendre cette route en VTT.  Cette fois, nous passerons notre chemin car nous avons eu notre dose de descente en VTT à Huaraz.

Pas de VTT pour nous donc mais le deuxième jour, sous un soleil vraiment super et plus de 25 degrés (ça change des temprératures des Andes et de la pluie de La Paz), nous avons fait une fameuse rando.  Nous voulions aller vers les cascades mais avons réussi à nous tromper.  A la place, direction sommet d'une montage environnnante, un dénivelé important mais la difficulté fut vite oubliée devant les paysages.

Coroico Coroico


Toute la vallée verdoyante autour de Coroico est vraiment belle, ce sont des montagnes a moyenne altitude, la végetation y est florissante: champs de coca, café, ... La ville est à mi-chemin entre les Andes et la Jungle dans les Yungas. C'est une région très fertile où les fruits poussent en abondance: bananes, mangues, ananas, papayes, oranges,... On y rencontre également de nombreux insectes dont de magnifiques papillons aux couleurs vives.

Coroico


Assez étonnement, nous avons croisé une population métissée et pas mal de noirs.  En se renseignant, nous apprenons que ce sont des descendants des esclaves noirs africains qui furent "importés" pour travailler dans les mines.

Malgré notre arrivée un peu décevante, très vite on a changé d'avis et on aurait même voulu rester plus longtemps là-bas.  Le climat, les délicieux petit-dejeuners, le lit confortable, l'apéro en terrasse (même si la bière avait un goût de flotte), il y a des endroits où on se sent vraiment bien. Le choix fut cornélien mais nous avons préféré quitter Coroico ce matin pour retourner sur LaPaz - vendredi 23/11 - afin d'être demain à Cochabamba car, dimanche, dans un village proche aura lieu un festival.  Nous pensons que c'est une opportunité de pouvoir assister à une fête locale et espérons ne pas être déçus.  On vous tient au courant.
Par Laurence et Tristan
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Mercredi 28 novembre 2007

La Paz - Cochabamba - Tarata et Punata - 24/11-28/11/2007

Après notre court séjour à Coroico, nous avons fait une halte d'une après-midi à La Paz avant de nous diriger vers Cochabamba.  La route est d'abord assez morne. Pendant plusieurs heures, le bus traverse l'altiplano qui a l'air encore plus désertique qu'autre part.  Tout est archi-sec, tout est rapé, pas un poil de verdure à l'horizon, pour seule flore: quelques oyats.  Parfois, une maison qui a plutôt l'air d'une chaumière, un paysan usé de parcourir des distances inhumaines sous un vent glacial ou quelques troupeaux qui broutent on ne sait quoi.  

Cela saute aux yeux, cette zone est pauvre, très pauvre.  Le long de la route se trouvent des citernes aux couleurs de l'Unicef qui a fourni un réseau d'eau potable à la région.  Les Etats-Unis soutiennent également divers projets de développements (mais nous ne savons pas s'il y a une raison cachée liée aux quotas sur la Coca).  Au JT local, les campagnes d'alphabétisation font la une.  Dans les villes, les mendiants sont à chaque coin de rue. Des signes qui ne trompent pas: le pays est un des plus pauvres d'Amérique Latine.  Il y a un fossé entre les diverses classes sociales et surtout entre les villes et la campagne.

Un bel exemple est ce village croisé au milieu du trajet entre La Paz et Cochabamba.  Surgi de nulle part, des cabanes " améliorées" forment un village où se déroule sur les bas-côtés de la grand route, un marché super coloré.  Toutes les personnes présentes sont vêtues d'habits hauts en couleurs: chapeaux, ponchos, jupons, gilets à broderies.  C'est magnifique.  D'ailleurs, à partir de cet endroit, les paysages changent aussi.  Nous nous retrouvons au bord de l'altiplano et nous surplombons la vallée.  Le panorama est presqu'à 360 degrés.  

En dévalant les pentes de l'altiplano vers la Vallée, nous atteignons Cochabamba.  Ici, à 2.500 mètres, règne le printemps éternel.  Samedi et dimanche, la ville vit au ralenti.  Dès lundi, elle se réveille et s'avère bien vivante et aussi plus riche que La Paz.  On y passe d'agréables moments; le temps y est pour quelque chose aussi.  Plus de 25 degrés, sec, ensoleillé et une légère brise le soir.  On y fête le 34ème anniversaire de Laurence autour d'une pizza et d'un petit vin local. 

Découvrir Cochabamba c'est aussi partir à la découverte de la Valle Alto: la Haute Vallée.  Non loin de la ville, s'y cachent des villages encore vierges de tout tourisme.  Nous y consacrons deux journées: une pour Tarata qui fête San Severino le dernier dimanche de novembre et l'autre pour Punata visitée lors de son marché hebdomadaire du mardi.

Tarata est un village "carte postale", l'architecture d'antan bien conservée: ruelles pavées avec des galets ronds, jolies façades dans des dégradés de beige, place ombragée par des palmiers.  Nous assistons à LA fête annuelle, en l'honneur de San Severino, le Saint des Pluies.  Pourtant pas une goutte à l'horizon, au contraire, le soleil tape et nous pouvons observer un phénomène étrange: un arc-en-ciel circulaire autour du soleil et une zone d'ombre à l'intérieur de ce disque.  

Festival de San Severino - Tarata

Tout le village ainsi que des villageois des environs et des citadins de Cochabamba se sont donnés rendez-vous ici, en famille ou entre amis.  Par contre, nous ne croiserons que 5 autres touristes.  Cela nous convient parfaitement!  Le but de cette sortie dominicale: déambuler dans les ruelles, jouer aux attractions foraines sorties d'un autre siècle, goûter aux spécialités locales (patisseries tapissées d'une couche de meringue, glaces et glacons, fruits frais, chorizo, tripes, pieds de porc mijotés,...) et bien évidemment aller à l'Eglise. 


Festival de San Severino - Tarata Festival de San Severino - Tarata Festival de San Severino - Tarata

  Située à l'autre extrémité du village, elle est dédiée à  San Severino et on fait la file pour aller brûler un cierge ou fleurir la statue.  Une autre activité est boire: bière ou chicha, au choix.  Comme pour la nourriture, nous restons sur nos classiques: soupe au poulet, bière et quand même une glace à la cannelle.  A 2-3 occasions, les locaux veulent nous faire goûter la chicha mais nous fuyons lâchement.  Vous allez comprendre pourquoi. Sous 25 à 30 degrés, ils se promènent avec un seau de chicha qu'ils boivent à l'aide d'un bol (devons-nous spécifier qu'il s'agit du même bol pour tout le monde?) taillé dans une noix de coco.

Le clou de la journée est le cortège, San Severino en tête, suivi des groupes de musiciens, danseuses, personnages déguisés. Un carnaval avant l'heure. L'ambiance bon enfant nous a vraiment beaucoup plu.


Festival de San Severino - Tarata


Festival de San Severino - Tarata Festival de San Severino - Tarata


Si nous n'étions que quelques touristes à Tarata, nous étions les seuls à Punata. Le marché y est vraiment énorme, pittoresque. Des échoppes vendant un peu de tout sont installées un peu partout. On y croise des milliers d'indiens mais préférons rester discrets et ne sortons pas l'appareil photo.

Nous essayons de décrire le costume de l'indienne traditionnelle de Punata:

* Un chapeau de paille enduit d'une couche épaisse de peinture blanche, entouré d'un ruban et garni d'une fleur en tissus
* De longs cheveux noirs noués en 2 nattes (à la Fifi Brin d'acier), reliées entre elles par des tresses de laine et parfois des pompons
* Une blouse-chemisier en dentelle, principalement dans des tons pastels
* Par dessus la blouse: gilet, chandail ou poncho de laine, peu importe la température
* Sur le dos, un tissus rayé et bariolé qui sert de sac pour mettre ses provisions ou encore ses bébés (tissus sublimes pour lesquels on a craqué...Aïe le poids du sac)
* Jupe courte plissée, en velour lisse qui ne fait qu'aggraver les rondeurs de ces dames bien potelées; de plus elles portent un ou des jupons sous leur jupe
* Des mocassins tout plats et selon les cas des bas en laine jusqu'au genou ou des collants ou encore des fuseaux.

 

Festival de San Severino - Tarata Festival de San Severino - Tarata Festival de San Severino - Tarata

Les hommes s'habillent de façon plus européenne mais ils portent tout de même souvent le chapeau. Celui-ci reste un attribut important, signe d´une appartenance culturelle. Ainsi dans la région de La Paz, les dames portent un chapeau de feutre dur marron ou noir, juste posé sur la tête, ils tombent au moindre coup de vent ou quand elles s'assoupissent dans le bus, ce couvre-chef a un petit air de chapeau melon. A Cochabamba, elles portent le chapeau de paille blanc bien enfoncé sur la tête.

Hier et aujourd'hui, nous avons changé 36 fois l'itinéraire des jours à venir à cause des émeutes à Sucre, des grèves et bloquages de routes.  La situation est difficile à suivre.  Pourtant, ici, ces problèmes paraissent être chose courante voire normale.  Nous avons un peu l'impression que certains profitent d'un problème politique pour réclamer l'un ou l'autre droit et faire grève par la même occasion.  D'après ce que nous avons compris, voici un résumé des problèmes.  Le Mas - parti socialiste - aurait  voté des nouveaux articles de la Constitution que l'opposition n'accepte pas.  Il y a eu des émeutes à Sucre entre étudiants et forces de l'ordre.  Les policiers dont la Caserne et les véhicules furent incendiés, ont déserté la ville.  On y dénombre 3 morts et des dégâts matériels importants.  Plusieurs régions réclament plus d'indépendance.  Les Cocaleros (producteurs de feuilles de coca) et autres paysans/agriculteurs organisent des marches et des bloquages de routes pour réclamer au gouvernement des aides pour améliorer leur sort.

Pour éviter de rester bloquer dans des endroits trop reculés, nous n'irons pas Santa Cruz ni dans l'est, nous allons rejoindre l'axe plus touristique: Oruro-Potosi-Uyuni.  Si la situation s'améliore, nous ferons un détour par Sucre.  Aujourd'hui, 28/11, prolongation forcée d'une journée supplémentaire à Cochabamba car toute la ville est bloquée et pas un bus ne la quitte.  Tout devrait rentrer dans l'ordre dès ce soir.  Pas simple un voyage en Bolivie...

 

Par Laurence et Tristan
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